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17/02/2011Docteur Bernard DUPORTET, président d'HABEOEn conclusion du préambule au rapport qui vient d'être remis au Médiateur de la République, Alain Koskas exprime le souhait que ce travail soit enrichi « d'une recherche complémentaire sur la situation des personnes âgées au domicile ». Nous souscrivons totalement à cette proposition et ce pour plusieurs raisons dont nous évoquons quelques unes ci-dessous : • La plupart des personnes âgées vivent au domicile qu'il s'agisse de leur domicile personnel ou de celui de l'un de leurs enfants, • La plupart de ces personnes âgées vivant au domicile ne sont pas soumises à un régime de protection juridique, • 17,3 % des dossiers ouverts par le 3977* en 2010 correspondent à des situations dominées par une maltraitance financière, • la personne âgée supposée victime, cohabite le plus souvent avec un de ses parents, et celui-ci est généralement reconnu comme étant l'aidant naturel principal, • l'analyse des situations ainsi signalées s'avère particulièrement délicate tant la limite est floue entre la gestion totalement désintéressée des ressources de la personne âgée et le détournement d'une partie de celles-ci, • l'analyse d'autant plus difficile que les situations alléguées s'inscrivent le plus souvent dans des histoires familiales complexes et des rivalités au sein d'une famille traumatisée par l'évolution de la dépendance, • malgré l'établissement de plus en plus fréquent d'un plan d'aide dans le cadre de l'APA, qui a véritablement légitimité pour intervenir au domicile pour démêler l'écheveau compliqué de telles situations ? • et comment intervenir utilement, sans avoir recours à une intervention de type judiciaire ou administratif dans des situations qui exigent avant tout une analyse psychologique douce et une médiation attentive ? • et comment, enfin, atténuer, voire éradiquer, ces démarchages abusifs en face à face, par courrier ou par téléphone qui conduisent les personnes âgées fragilisées et donc vulnérables à des situations dont elles ne reconnaissent pas la gravité et dont elles n'osent ou ne veulent pas parler ? Le 3977, qui entre dans sa quatrième année, devrait concourir encore plus à l'avenir à la détection de telles situations mais il nous parait clair qu'il ne jouera pleinement son rôle que si une information quantitativement et qualitativement efficace de l'ensemble de la population et tout particulièrement des professionnels est mise en place. C'est un bel objectif pour une année qui sera pour une large part consacrée à la vulnérabilité et à la dépendance. Docteur Bernard Duportet Président d'HABEO * Numéro national d'écoute du dispositif national de lutte contre la maltraitance, géré par HABEO (ex AFBAH) |