Le Défenseur des droits
mise à jour du 11 Janvier 2010

Quid des entérocoques résistants aux antibiotiques ?


 

Les entérocoques ont une résistance naturelle à de nombreux antibiotiques. La résistance aux antibiotiques chez les entérocoques est un phénomène en évolution. Depuis l'introduction successive des différents antibiotiques en thérapeutique, la fréquence des souches résistantes à un ou plusieurs antibiotiques a augmenté de manière significative. Le principal problème que constituent les entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG) est représenté par le risque de transférer la résistance aux glycopeptides (classe d'antibiotique dont le principal représentant est la vancomycine), en particulier la résistance à la vancomycine, vers les staphylocoques dorés.

 

Aux Etats-Unis, la première description de souches d'entérocoque résistant à la vancomycine (ERV) en 1989-90 a été suivie d'une diffusion continue de cette résistance depuis 1997 ayant abouti à une situation endémique dans les hôpitaux avec une proportion de souches résistantes à la vancomycine de l'ordre de 25 à 30% en 2003.

 

En France, la proportion de souches d'entérocoque résistant aux glycopeptides était stable jusqu'en 2003, comprise entre 1 et 2%. On assiste depuis à une augmentation du taux de résistance aux glycopeptides (> 5% en ce qui concerne Enterococcus faecium mais < 2% pour l'ensemble des entérocoques) et du nombre de signalements de souches d'entérocoque résistant aux glycopeptides, dont des cas groupés d'infections et de colonisations de plus en plus nombreux, avec des épidémies d'ampleur inhabituelle récemment rapportées dans plusieurs établissements de santé.

 

L'implication fréquente des Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) dans les infections nosocomiales est responsable d'une utilisation intensive des glycopeptides. Cette situation rend compte, d'une part, de l'émergence actuelle de souches d'entérocoque résistant aux glycopeptides et, d'autre part, du risque d'apparition de SARM résistants aux glycopeptides par transfert de résistance. C'est pourquoi le contrôle de la diffusion des ERG constitue un enjeu majeur.


Haut de page Aller au menu Page précédente