Le Défenseur des droits
mise à jour du 11 Janvier 2010
QUESTION PRÉCÉDENTE : Est-ce qu'on guérit ?

Qu'est-ce que la tuberculose multi-résistante (MDR TB) ?

 

Chez les personnes atteintes de tuberculose, un traitement inadéquat ou incomplet, ou encore l'utilisation de médicaments de mauvaise qualité peuvent entraîner l'émergence de bactéries résistantes aux médicaments. Il arrive également que certains patients soient directement infectés par une forme résistante de la tuberculose, plus difficile à soigner. La tuberculose multirésistante (multi-drug resistant tuberculosis, ou MDR TB) est une forme de tuberculose résistante au moins aux deux principales molécules utilisées dans le traitement de première ligne : la rifampicine et l'isoniazide.

 

Aujourd'hui, dans le monde, on ne connaît pas précisément le nombre total de malades de la tuberculose multirésistante. L'Organisation mondiale de la Santé parle de près de 1,5 million de cas et de 500000 personnes supplémentaires infectées chaque année. Dans certaines régions, comme par exemple en Asie Centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan), près d'un quart des malades présentent des formes multirésistantes de tuberculose.

 

Le traitement contre la tuberculose multirésistante, très coûteux (jusqu'à 300 fois le prix du traitement de la tuberculose simple) et complexe, n'est accessible qu'à une infime minorité des malades dans le monde. C'est de plus une épreuve terrible pour les malades et un combat permanent pour le personnel soignant, alors que l'efficacité est trop limitée.

 

Le traitement, extrêmement toxique, dure au moins deux ans. La phase intensive, en hospitalisation, dure au minimum six mois. Le patient prend un cocktail de cinq molécules, ce qui représente une injection douloureuse par jour et une pleine poignée de comprimés chaque matin et chaque après-midi. La phase de continuation qui suit s'étale, elle, sur au moins 18 mois. Quant aux effets secondaires, ils ne sont pas seulement désagréables, ils sont insupportables et souvent dangereux : effets gastriques terribles, nausées, fonctionnement des reins et du foie perturbé, anorexies sévères, pertes de poids, fortes douleurs articulaires, troubles psychotiques graves. A cause de la violence des effets secondaires, plus du tiers des patients arrêtent au moins l'une des molécules en cours de traitement et il n'existe alors pas de solution de rechange. Au total, parmi tous les patients atteints de tuberculose multirésistante qui débutent un traitement, à peine plus de la moitié en sortiront guéris.

 

L'accroissement du nombre de cas de tuberculose multirésistante est une préoccupation majeure alors qu'il n'existe pas d'outils appropriés pour la diagnostiquer et la soigner à grande échelle. Enfin, l'émergence d'une forme encore plus virulente de la tuberculose, la tuberculose ultrarésistante (XDR TB, lorsque les médicaments utilisés pour soigner la MDR TB ne font plus effet) ajoute à l'inquiétude et montre que la réponse globale à la tuberculose doit s'intensifier pour faire face à cette nouvelle menace.

En France , de 1992 à 2001, 26 à 58 cas de tuberculose à bacilles multirésistants ont été signalés chaque année au Centre national de référence de la résistance des mycobactéries aux antituberculeux (CNR-RMA)ce qui représente 0,5% à 0,9% du nombre total de cas de tuberculose bactériologiquement confirmée. En revanche, en 2002 le nombre de cas signalés (n = 79) au CNR-RMA est beaucoup plus élevé, donnant pour la première fois depuis 10 ans un taux de prévalence bien supérieur à 1% (1,4%). Cette augmentation semble être confirmée par les premiers résultats de la surveillance des cas de 2003 : 77 cas colligés pour 5 381 cas de tuberculose à culture positive, soit 1,4%. L'augmentation du nombre de tuberculeux porteurs de souches de mycobactéries multirésistantes touche majoritairement les migrants (82%), notamment les jeunes adultes.

 


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