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25/10/2010Le droit de laisser mourir : la loi sur la fin de vie méconnueLe Pôle Santé et Sécurité des Soins du Médiateur de la République, depuis sa création en janvier 2009, a pu recueillir de nombreux témoignages qui donnent à penser que les principales dispositions de la loi du 22 avril 2005 sur la fin de vie sont restées peu connues ou mal comprises. Le Pôle Santé et Sécurité des Soins a été, par exemple, récemment contacté par la famille de Monsieur B. Victime d'un accident de la circulation, Monsieur B était depuis près de 2 mois, dans un état végétatif chronique. Même si le pronostic avait été jugé désespéré par les médecins réanimateurs, Monsieur B. était traité pour une infection pulmonaire sévère. La famille a été choquée d'apprendre qu'un médecin réanimateur prenne la décision arbitraire et manifestement solitaire, lors de sa garde, d'arrêter les soins administrés. Si la volonté de la famille ne s'impose pas au médecin, la décision d'arrêt ou de limitation des soins est prise avec cette même famille en tenant compte de ses souhaits. D'autre part, cette décision aurait dû être prise en concertation avec toute l'équipe, selon une procédure collégiale, et de préférence avec le médecin qui a initié la réanimation. Personnes de confiance et directives anticipées Les directives anticipées ont été créées pour entendre les dernières volontés des patients et pourtant, peu d'entre eux sont informés de la possibilité de rédiger leurs souhaits de fin de vie. De plus, les professionnels sont méfiants vis-à-vis de la formulation de ces directives anticipées qui sont souvent générales, et qui peuvent être rédigées par une personne en bonne santé, ne reflétant pas forcément son état d'esprit, si elle devait être en phase avancée d'une maladie grave. Monsieur V. est atteint d'un cancer hépatique et connaît son pronostic : il lui reste quelques semaines à vivre. Lors de sa dernière admission dans l'établissement oncologique, il désigne sa fille comme personne de confiance et rédige ses directives anticipées. Il ne souhaite pas être mis sous ventilation artificielle, tout en acceptant le protocole d'anxiolytique et de sédation.Une nuit présentant des douleurs intolérables, il va réclamer, en vain, un antalgique plus puissant. Il décède le lendemain, sous les yeux de sa famille, impuissante alors même que sa fille désignée personne de confiance aurait pu être consultée par l'équipe médicale. Ces deux exemples, parmi d'autres, confirment à nouveau l'enquête réalisée en 2007 et 2008 auprès de 604 professionnels de santé et de 18 bénévoles intervenant en milieu hospitalier, pour le compte de l'Espace Éthique de l'AP-HP de Paris (Assistance publique-Hôpitaux de Paris). Spontanément, 46 % des personnels soignants ont déclaré connaître la loi. Mais après une interrogation plus précise :
A la lumière de ce sondage et des témoignages qu'il reçoit, Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République, souhaiterait que les personnels travaillant dans des services de réanimation et de néonatologie aient une meilleure connaissance de la loi. Les personnels soignants (infirmières et cadres de santé) sont de façon générale plus au fait de la législation relative à la fin de vie que les médecins, les premiers bénéficiant de formations spécifiques. Contact presse : Christine TENDEL |