Le Défenseur des droits
mise à jour du 20 Octobre 2010
QUESTION PRÉCÉDENTE : Les directives anticipées

LES SOINS PALLIATIFS

« L'arrêt des traitements [...] ne saurait être confondu avec la suspension des soins. »

La disposition générale qui interdit la poursuite d'actes médicaux par obstination déraisonnable, comme la disposition spécifique introduite par cette même loi relative à l'expression de la volonté des malades en fin de vie, précisent en effet que dans le cas où une décision de limitation ou d'arrêt de traitement est prise, le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant des soins palliatifs.

Quel est le cadre juridique ?

Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage.

Le médecin doit sauvegarder la dignité du patient et dispenser des soins palliatifs dans les cas où il décide de suspendre ou de ne pas entreprendre un acte d'investigation inutile, disproportionné ou n'ayant pour effet que le maintien artificiel de la vie, après information du patient ou de ses proches.

Le médecin doit sauvegarder la dignité du patient et dispenser des soins palliatifs dans tous les cas où le malade conscient refuse tout traitement, qu'il soit en fin de vie ou en danger de le devenir, après respect des procédures.

Le médecin doit sauvegarder la dignité du patient et dispenser des soins palliatifs dans tous les cas où le médecin décide d'arrêter ou de limiter le traitement d'un malade inconscient, qu'il soit en fin de vie ou en danger de le devenir, après respect des procédures.

Quelle définition des soins palliatifs ?

« Soins actifs, continus, évolutifs, coordonnés et pratiqués par un équipe pluri professionnelle. Ils ont pour objectif, dans une approche globale et individualisée, de prévenir ou soulager les symptômes physiques, dont la douleur, mais aussi les autres symptômes, d'anticiper les risques de complications et de prendre en compte les besoins psychologiques, sociaux et spirituels dans le respect de la dignité de la personne soignée. Ils cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables et se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Ils s'adressent aux personnes atteintes de maladies graves évolutives ou mettant en jeu le pronostic vital ou en phase avancée et terminale, ainsi qu'à leur famille et à leurs proches. »

En pratique, une prise en charge palliative suppose :

• La prise en compte de l'ensemble des besoins du patient : physiques, psychologiques, familiaux, spirituels et sociaux.
• Une prise en charge interdisciplinaire et coordonnée.
• Une prise en charge globale du patient.
• Un accompagnement du patient et de son entourage.

Quand recourir aux équipes mobiles de soins palliatifs ?

Il est souhaitable, sans être obligatoire, de faire appel à une équipe mobile de soins palliatifs pour initier une prise en charge palliative.

L'action de l'équipe mobile peut-être double :

• Aide à la prise en charge de patients.
• Formation et soutien pour aider les unités à développer une culture palliative.

Comment se former à la culture et à la pratique palliative ?

Les personnels médicaux et paramédicaux peuvent se former à la pratique palliative par :

• des formations initiales ou continues : diplômes universitaires, formations internes.
• des stages en unités, en équipes mobiles ou en réseaux de soins palliatifs, le compagnonnage étant un des principaux points d'appui de l'acquisition d'une pratique de soins palliatifs.

Le développement de la culture palliative par les formations est requis pour la création de lits dits « identifiés » de soins palliatifs.

Comment mettre en œuvre des soins palliatifs ?

Prodiguer les soins pour sauvegarder la dignité, améliore le confort et la qualité de vie :

• Importance de la chambre individuelle.
• Adaptation des soins aux rythmes du patient après repérage de ses difficultés : c'est l'état du patient qui doit guider sa prise en charge, y compris au quotidien (programmer examens ou traitements en fonction de l'état de fatigue...).

Dispenser des soins pour soulager les symptômes :

• Privilégier le soulagement à la recherche de la cause.
• Se poser la question des bénéfices et des effets indésirables de chaque décision de traitement ou d'investigation.

Respecter les préconisations de la loi pour les médicaments dits à « double effet » :

• Absence de tout autre moyen pour soulager la souffrance.
• Intention exclusive, lors de la prescription et des réajustements, de soulager les symptômes.
• Information (*) du patient (sauf s'il a exercé son droit de ne pas savoir), ou de la personne de confiance ou des proches.
• Prescription justifiée.
• Inscription de la procédure et de la justification dans le dossier médical.

(*) L'information « brute » du patient ou de sa famille, dans ce cas comme dans celui de toute annonce d'un diagnostic grave ou d'un traitement lourd, peut être génératrice de troubles importants. Cette information doit être conduite dans le cadre d'un dialogue respectueux et attentif aux réactions du patient et de son entourage.

Accompagnement par la famille et de la famille par une réponse souple à ses besoins :

• Adapter les horaires de visites, donner à la famille la possibilité de rester auprès du patient, de participer, si elle le souhaite, à des soins de confort.
• Mettre à disposition de la famille un lieu d'accueil, un temps d'écoute, des explications régulières de la prise en charge.

Interdisciplinarité :

• Suppose une communication et une coopération entre les acteurs venant de plusieurs disciplines (équipe médicale, équipe paramédicale, psychologue, assistante sociale...).
• Doit permettre de repérer le plus en amont possible toutes les difficultés auxquelles le patient peut être confronté.
• Recours possible à des personnes répondant à un besoin spécifique (cultes, bénévoles...).

 


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