Le Défenseur des droits
mise à jour du 21 Avril 2011
26/11/2009

Décédé suite à un mauvais diagnostic

Monsieur T., 55 ans, consulte le médecin généraliste pour de violentes douleurs de gorge survenues brutalement dans un contexte de fièvre élevée. Après avoir posé le diagnostic de phlegmon péri-amygdalien (suppuration sévère de la loge de l'amygdale) avec début de nécrose de la paroi de la gorge et gène respiratoire importante. Mr T. est adressé immédiatement aux urgences de l'hôpital où il sera reçu en consultation par le médecin urgentiste, après plus de 6 heures d'attente. Après un examen sommaire, l'urgentiste conclut à une angine sans phlegmon associé, ne tenant ainsi pas compte du courrier du médecin généraliste, et ordonne une prise d'antibiotiques. De retour à son domicile, Mr T. est victime d'un arrêt cardio-respiratoire. Malgré l'intervention rapide du SAMU, appelé par sa femme, Mr T. décédera de ce qui se révèlera être une obstruction des voies respiratoires par un phlegmon péri-amygdalien...


Le discours de la famille empreint d'une grande « violence », menaçant de s'en prendre physiquement au médecin urgentiste a amené le Pôle Santé, Sécurité des Soins, à prévenir le praticien mis en cause via sa direction du risque potentiel d'agression à son encontre. Dans un deuxième temps,  l'équipe médicale du Pôle a analysé l'ensemble de la prise en charge de Mr T. car celle-ci posait de nombreuses questions quant à sa pertinence, compte-tenu de son issue. Une médiation a été finalement organisée entre la famille et le médecin qui arguera des difficultés d'exercice aux urgences face à une demande toujours croissante.


La famille n'a pas souhaité portée plainte au pénale, mais faire appel à la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CRCI) pour obtenir une expertise médicale et pour que soit établi ou non le caractère fautif de cette prise en charge.


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