Le Défenseur des droits
mise à jour du 21 Avril 2011
13/11/2009

Diagnostic prénatal : une anomalie cardiaque non détectée

Madame V., âgée de trente-sept ans, a donné naissance, le 12 juin 2008, à la maternité du centre hospitalier proche de son domicile, à une petite fille pesant 2,640 kg au terme de trente-sept semaines d’aménorrhée.


Très rapidement, le nouveau-né a présenté des troubles cardiaques graves en rapport avec des anomalies majeures du coeur gauche. Malheureusement, après cinq jours de vie, l’enfant décédera des suites d’une cardiopathie congénitale extrêmement grave.


Les parents de cette petite fille ont saisi le pôle Santé et sécurité des soins du Médiateur de la République, le 4 juin 2009, pour non-dépistage échographique de malformation cardiaque foetale. L’analyse du dossier obstétrical, librement consentie par la famille, a été confiée à l’un des délégués thématiques du pôle Santé et sécurité des soins dont c’est la spécialité. Les conclusions ont fait état d’un examen du coeur foetal qui n’a pas bénéficié de toute la rigueur méthodologique exigée et d’un médecin échographiste qui, confronté à des difficultés dans la réalisation de l’examen, a omis de faire appel à des tiers plus compétents.


UN DÉPISTAGE DIFFICILE


Autant dire que le diagnostic prénatal ne souffre pas la médiocrité, c’est-à-dire qu’il doit être bien fait et bien exécuté. Néanmoins, le dépistage anténatal des cardiopathies reste encore aujourd’hui diffi cile et 20 à 40 % des cardiopathies congénitales graves échappent au diagnostic échographique.


L’équipe médicale du pôle Santé et sécurité des soins a donc rencontré le médecin concerné par les reproches de Madame V. pour rappeler les recommandations du Comité technique de l’échographie de diagnostic prénatal ainsi que la nécessité de recourir à des collègues plus expérimentés, dans des situations jugées difficiles. Pour rappeler, aussi, que si le dépistage des cardiopathies ne semble pas encore aujourd’hui améliorer la survie et la qualité de vie des enfants à naître, il permet au moins un entretien prénatal approfondi avec des parents informés, qui peuvent ainsi espérer être accompagnés dans leur choix d’une interruption médicale de grossesse ou d’une prise en charge optimale à la naissance.


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