Sur l'ensemble des requêtes instruites, près de 8 % faisaient état directement d'une réclamation à propos d'un fait de maltraitance « ordinaire ». Le Conseil de l'Europe a proposé, en 2002, une définition de la maltraitance comme étant « tout acte, ou omission, qui a pour effet de porter gravement atteinte, que ce soit de manière volontaire ou involontaire, aux droits fondamentaux, aux libertés civiles, à l'intégrité corporelle, à la dignité ou au bien-être général d'une personne vulnérable. »
Les situations rencontrées par le Pôle Santé et Sécurité des Soins sont multiples et loin d'être exhaustives :
- attentes interminables des familles avant d'être conduites auprès de leurs proches hospitalisés ;
- sentiment d'avoir été mal ou pas informé, ou rarement écouté ;
- mépris social dans les modalités de délivrance de l'information ;
- sentiment d'un désintérêt ou d'une attitude méprisante de la part du personnel soignant;
- patient abordé avec un ton et des paroles inappropriés voire humiliants;
- entraves et contraintes mises en place pour le confort des professionnels;
- besoins primaires pas toujours respectés (soif, faim, sommeil...) ;
- douleur trop souvent minimisée, parfois ridiculisée... ;
- atteintes à l'intimité corporelle ;
- problèmes récurrents concernent le recueil des selles et des urines (« couches » imposées)...
Un certain nombre de facteurs sont cités par les professionnels de santé pour expliquer la maltraitance : leur « souffrance », les conditions d'exercice contraignantes, un encadrement parfois défaillant et une organisation beaucoup trop rigide. Cependant, de nombreux services se sont mobilisés pour développer une démarche de « bientraitance ».